France – Les embauches de cadres ont rebondi plus tôt que prévu

Selon l’Apec, 164.600 cadres ont été recrutés en 2010, en hausse de 15 % par rapport au plancher de 2009. Cette année, les entreprises prévoient de 169.000 à 181.000 embauches de cadres. Mais « le marché est anormalement défavorable aux jeunes », observe l’association paritaire.
Il y a un an, l’Association pour l’emploi des cadres (Apec) livrait un pronostic pessimiste de l’évolution de l’emploi pour la population des cadres, qui tranchait avec le relatif optimisme des prévisions d’évolution globale du marché du travail. La réalité s’est avérée inverse.
Selon les estimations rendues publiques aujourd’hui par l’association paritaire, 164.600 cadres ont été recrutés l’an dernier, en hausse de 15 % par rapport au plancher de 2009, alors que les entreprises anticipaient un recul de 4 % à 10 %. Et, pour l’Apec, cette bonne surprise devrait s’amplifier cette année et les suivantes. Elle note qu’ « un cercle vertueux noué entre le marché de l’emploi cadre et les investissements est à l’oeuvre ».
Selon le résultat du panel annuel de l’Apec, les entreprises prévoient en effet de recruter entre 169.000 et 181.000 cadres, soit de + 3 % à + 10 %. Le haut de la fourchette est le « plus probable », précise l’association. Selon les hypothèses plus ou moins roses d’évolution du produit intérieur brut et d’investissement des entreprises, l’Apec, qui a fait tourner son modèle économétrique, estime que le nombre d’embauches devrait grimper progressivement d’ici à 2015 pour, au pire, retrouver son niveau historique de 2008 – soit 208.000 environ -, ou, au mieux, aller jusqu’à 231.000.
Dynamisme de l’industrie
En 2011, les services, qui recrutent 7 cadres sur 10, seront encore en pointe (entre + 3 % et + 12 % d’embauches), mais l’industrie sera aussi dynamique (de + 2 % à + 10 %) ainsi que le commerce (de + 1 % à + 8 %). Seule la situation de la construction est incertaine (entre – 4 % et + 5 %). Du côté des fonctions, « la bonne tenue du marché » devrait être « quasi générale », avec un pic du côté des informaticiens (de 29.000 à 32.000 recrutements prévus cette année), tandis qu’entre 38.000 et 40.000 postes de commerciaux et plus de 30.000 postes d’études et de recherche et développement devraient être pourvus. Seuls les métiers de la finance et de l’exploitation tertiaire seront en mauvaise posture.
Il est encore trop tôt pour savoir comment ces bonnes perspectives d’embauche se traduiront sur l’effectif cadre, évalués autour de 3,6 millions. Mais l’Apec souligne qu’en 2011 la situation est « sensiblement mieux orientée qu’au début de l’année 2010 » : 10 % des entreprises envisagent un accroissement, contre 8 % un an avant, et 5 % une réduction (- 3 points). Il vaut mieux, car, après une stabilisation des effectifs en 2009, l’effectif cadre n’a augmenté que de 16.100 en 2010, contre + 40.000 en 2008.
Un indice inquiétant perdure : les jeunes diplômés n’ont pas fini de payer le prix de la crise. Ce sont encore l’an prochain « les cadres confirmés et les jeunes cadres [de un à cinq ans d’expérience, NDLR] qui resteraient les plus courtisés par les recruteurs, les débutants restant encore à la traîne et profitant relativement moins que leurs aînés d’un marché revigoré », indique l’Apec, qui prévoit entre 33.000 et 36.000 embauches de jeunes ayant moins d’un an d’expérience. Revers de la « prime à l’expérience » constatée dans la crise, « le marché est anormalement défavorable aux jeunes », souligne son directeur, Jacky Chatelain.
[via] Leïla De Comarmond, lesechos.fr