Les prétendants se bousculent autour de Yoplait

Les performances économiques de Yoplait (ici, l'usine de Vienne, en Isère), font saliver les candidats actionnaires. AFP
Quatorze candidats déposent, aujourd’hui, une offre pour acquérir la moitié du capitaldu numéro 2 mondial du yaourt. L’autre actionnaire, la coopérative Sodiaal, veut rester à bord.
Repères
La marque à la petite fleur fait saliver. De Chine, des États-Unis, du Mexique, du Brésil, de Hollande… Des fonds d’investissement et des industriels du monde entier en pincent pour Yoplait (1). Pas pour la saveur fruitée de ses yaourts mais pour ses performances économiques. Le marché de l’ultra-frais est en plein boom dans le monde et les marges plutôt confortables pour les marques reconnues. Yoplait en est une. Le numéro 2 mondial des produits laitiers frais (derrière Danone) a réalisé, en 2010, un chiffre d’affaires de 891 millions d’euros, en France, pour 137 millions de résultats. Mais la marque génère 4,6 milliards avec ses franchisés.
Lactalis, Nestlé, General Mills, Mengniu… Le géant Lactalis s’est manifesté, en novembre 2010, avant même le lancement officiel de la vente des parts du fonds d’investissement PAI Partners. Le groupe lavallois a déposé une offre de rachat… de la totalité du capital, en proposant un chèque de 1,3 milliard d’euros. « Nous ne sommes pas vendeurs », répètent, depuis, les responsables de la coopérative Sodiaal. Yoplait collecte 533 millions de litres de lait auprès de ses producteurs. C’est aussi son activité de loin la plus rentable. On la voit mal lâcher la proie pour l’ombre.
Bel, un autre champion français, est sur les rangs, tout comme l’Américain General Mills, distributeur sous licence de Yoplait aux États-Unis. L’un des prétendants les plus sérieux est le Suisse Nestlé, partenaire de Lactalis dans les produits laitiers frais en Europe de l’Ouest. Présent sur toute la planète, il possède de puissants relais sur l’Asie, le marché le plus porteur. Parmi les outsiders : la China Mengniu Dairy Company. L’industriel cherche un partenaire pour développer la fabrication et la vente de produits laitiers frais en Chine.
Le gouvernement attentif. Appelé à la rescousse par Sodiaal, en 2002, pour redonner un second souffle à Yoplait, PAI-Partners n’avait pas vocation à rester ad vitam aeternam dans son capital. Après avoir redressé la barre, élargi le portefeuille de produits, restructuré les outils industriels et fait bondir le résultat de l’entreprise, le fonds d’investissement veut finaliser la vente, sans doute avant la fin mars 2011, et récupérer sa plus-value.
Le pilotage de Yoplait passera dans les mains du futur repreneur. D’où l’attention du gouvernement, qui ne veut pas voir s’échapper un fleuron industriel tricolore. Sodiaal aura son mot à dire sur le choix de son partenaire. Il faut éviter un scénario piège qui verrait le remplaçant de PAI se mettre à racheter des franchisés à l’étranger pour gonfler le chiffre d’affaires. Incapable de suivre financièrement, Sodiaal devrait céder des parts au capital de Yoplait, au risque de perdre sa « pépite ».
[via] Jean-Paul Louédoc, ouest-france.fr