Un géant chinois lorgne sur Yoplait

Yoplait,une marque très convoitée. La marque à la petite fleur fait rêver les géants de l'agroalimentaire. Philippe Blondel
Le groupe laitier Mengniu s’intéresse au yaourt à la petite fleur. Un rival pour Lactalis,candidat déclaré au rachat.
PAI partners, propriétaire de la moitié de Yoplait, veut vendre ses parts. La procédure officielle de mise en vente est « imminente », déclare le fonds d’investissement qui envisage de boucler la cession à la fin mars 2011. Il s’apprête, cette semaine, à envoyer aux acheteurs potentiels une présentation détaillée de l’entreprise.
À ce jour, un seul candidat s’est officiellement déclaré : le groupe lavallois Lactalis a déposé une offre de 1,4 milliard d’euros, le 17 novembre. Gourmand, le numéro un européen du lait veut avaler la totalité du yaourt Yoplait. Ce qui n’est pas du goût de Sodiaal, l’autre propriétaire : le groupe coopératif, fondateur de Yoplait, veut garder intacte sa moitié de yaourt.
Le tentaculaire groupe agroalimentaire suisse Nestlé, qui a les faveurs de Lucien Fa, président de Yoplait, ne s’est pas encore manifesté. Pas plus que l’Américain General Mills, qui fabrique et distribue les produits Yoplait en Amérique du Nord. Danone semble hors jeu : avec Yoplait dans son escarcelle, le leader mondial des produits laitiers devrait subir une sérieuse cure d’amaigrissement pour ne pas se retrouver en situation de monopole.
Un outsider venu de Chine pourrait les départager. Les dirigeants de China Mengniu Dairy Company, un groupe laitier de 30 000 salariés, ont fait part, dans la presse chinoise, de leur volonté de se porter candidat au rachat de la moitié de Yoplait. Associé au géant danois Arla Food sur le marché de la poudre de lait, Mengniu a été éclaboussé par le scandale du lait contaminé à la mélamine. L’industriel chinois cherche un partenaire pour développer la fabrication et la vente de produits laitiers frais en Chine, après l’échec de son alliance avec Danone, en 2007.
Seule certitude : le repreneur ¯ qu’il soit financier ou industriel ¯ sera un gros calibre, « disposant d’importantes réserves financières pour construire de nouvelles usines et conquérir de nouveaux marchés », souligne PAI partners.
Plus d’informations dans le journal Ouest-France
[via] Xavier Bonnardel, ouest-france.fr