
Ils pointent du doigt la crise et le lobbying des grandes marques parisiennes. Mardi, c’était le dernier jour des soldes d’été ; et comme d’habitude, ce sont plus particulièrement les commerçants du centre-ville, qui ont profité de l’affluence des acheteurs.
Mais avec la crise et les départs en vacances, les résultats de ce mois de promotions sont mitigés : un rapport réalisé par la Chambre de commerce et d’industrie de Marseille Provence, 10 jours après le début des soldes, mettait en évidence « un léger fléchissement au démarrage » par rapport à l’année dernière.
Conséquence : d’après ce rapport, sur 506 commerçants interrogés, « moins d’un sur trois avait ouvert son commerce le dimanche 10 juillet », premier dimanche après le début des soldes…
Hier, la plupart semblaient plutôt déçus de la fréquentation et du panier moyen des acheteurs : « Ça n’a pas spécialement bien marché », confiait Nathalie, responsable de la boutique Catimini rue Davso. Au magasin Swarovski de la rue Saint-Férréol, « ce sont les touristes, notamment italiens », qui ont sauvé le chiffre d’affaires, expliquait Sabrina, la responsable boutique. Dans une échoppe de vêtements féminins rue de Rome, une vendeuse riait même : « Les soldes cette année ? C’était mort ! Je ne vois même plus l’intérêt d’en faire ! » Même son de cloche à la boutique du lunetier Solaris (rue St-Fé), où le chiffre d’affaires était « moins bon que l’année dernière ».
Un décalage de dates préjudiciable
Cette diminution du chiffre d’affaires pour les soldes d’été semblait avoir touché une grande partie des commerçants, tous secteurs d’activité confondus. La raison invoquée par Terre de commerces ? Un décalage des dates de début des soldes entre un Sud « très dépendant du tourisme et de la saison pleine » (juillet-août) et le reste du pays, notamment Paris, diagnostiquait Clotilde Lemoine, secrétaire général de l’association de commerçants marseillais. En effet, alors qu’ils ont débuté le 6 juillet ici, ils étaient entamés dès le 22 juin dans la capitale et dans la plupart des villes. Et ce, grâce au « lobbying exercé par les grandes marques parisiennes sur le secrétariat d’État au Commerce », qui ont « tout intérêt à garder la date de lancement en juin pour retenir leurs clients avant qu’ils ne partent en vacances, et ainsi faire leur chiffre. Alors qu’ici, il y a beaucoup moins de monde fin juin », poursuivait Clotilde Lemoine. Pour simplifier, les touristes arrivant sur Marseille auraient déjà fait leurs achats autre part et achèteraient peu, selon elle.
Pour pallier le manque à gagner, les commerçants marseillais ont donc mis au point plusieurs stratégies pour vendre leurs stocks, comme faire des soldes flottants avant les soldes, c’est-à-dire des promotions privées pour rester compétitifs ; ils sont aussi de plus en plus nombreux à avoir leur site Internet et à proposer de la vente en ligne.
Pour Clotilde Lemoine et Guy Dejean, président d’une association de commerçants du centre-ville de Nice, la solution est simple : il faut « une date unique de lancement des soldes pour toute la France, et plus avancée dans la saison ».
[via] Louis Favrot, laprovence.com