En pays d’Aix, les chômeurs longue durée sont toujours plus nombreux malgré le dynamisme du bassin aixois.

Il y a comme une incohérence. Cette année, sur la zone Aix-Salon-de-Provence, le nombre d’offres d’emplois à pourvoir a explosé de 20% alors qu’il a péniblement atteint une hausse de 6% au niveau régional.
Paradoxalement, sur ce bassin d’emploi aixois, le chômage a lui aussi grimpé de 3,7%, laissant sur le carreau les chômeurs de longue durée (ceux qui n’ont pas travaillé depuis plus d’un an, Ndlr). Ils étaient, au jour d’hier, 10157 -sur 26742 chômeurs toutes catégories confondues sur l’agglomération Aix-Salon- et leur nombre s’est encore accru de 13% par rapport à août 2010. Quasiment autant que les chômeurs de +de 50 ans dont la masse a pris encore 15%. Nul besoin donc d’être une pointure en statistiques, et en marché de l’emploi, pour voir se dessiner les deux cibles stratégiques du tout nouvel outil de l’État: le Service Public de l’Emploi Local (Spel), mis en place à Aix en mars dernier.
« Le bassin d’emploi aixois a les défauts de ses qualités » analysait hier le sous-préfet Yves Lucchesi. « On a beaucoup d’entreprises à haute technologie, beaucoup d’emplois qualifiés mais, du coup, les chômeurs moins, ou pas qualifiés, sont dans une conjoncture difficile. » Christine Bugliani, responsable de Pôle Emploi sur Aix, Gardanne et Salon évoquait, elle, une mutation du marché : « On vient d’enregistrer un fort dynamisme en terme d’offres notamment parce que de nombreuses entreprises se sont installées chez nous en 2010. Mais les emplois qui ont été détruits pendant la crise ne sont pas les mêmes que ceux qui sont aujourd’hui créés et, donc, on ne cherche pas, pour les pourvoir, les mêmes profils. »
Pour ses deux cibles, Pôle Emploi propose donc des accompagnements renforcés -un entretien par semaine- et un affinage du projet des demandeurs. « Le plus compliqué c’est quand on a un chômeur dans le flou, qu’il n’a pas vraiment de métier précis, ni de qualifications, ni de passion », soulignait Christine Bugliani qui décrit aussi les mesures prises en leur faveur : notamment les actions de formations, et les contrats aidés (les contrats uniques d’insertion) qui durent 6 à 12 mois dans une entreprise privée et 6 à 18 mois dans une administration publique ou une association. « Mais cela ne doit rester qu’une solution provisoire » pilonnait, hier, le préfet de Région, Hugues Parant, qui attend de ce nouvel outil qu’est le « Spel », de vraies performances.
« On satisfait 24% des offres que nous recevons et le délai de satisfaction de ces offres est de 33 jours en moyenne, souriait le sous-préfet. Et puis, l’un de nos atouts est l’apprentissage dont nos contrats ont augmenté de 24%. » Un enjeu également essentiel, « tout simplement parce que 70% des jeunes qui sortent d’apprentissage trouvent du boulot. C’est deux fois plus que ceux qui sortent d’une filière générale » Le monde du travail évolue à toute vitesse et le temps du réalisme -et la fin des grandes politiques politiciennes- est sans doute venu.
[via] Romain Capdepon, laprovence.com – Photo S.M.