
La moisson du blé, dans une exploitation de Cesson-Sévigné, près de Rennes. Philippe Renault
On les craignait catastrophiques à cause de la sécheresse du printemps. Elles se révèlenttout à fait correctes dans l’Ouest. Avec de très fortes disparités suivant les arrosages du début d’été.
Précocité. Les moissonneuses se sont mises en branle dès la mi-juin pour le battage des colzas dans le sud Vendée. Avec trois semaines d’avance. Aujourd’hui, les moissons sont terminées dans les Pays de Loire, et en bouclage en Bretagne et Basse-Normandie.
Recul en France. Selon les estimations de FranceAgriMer, la récolte prévisionnelle de ferme atteindra 33,3 millions de tonnes de grains, en baisse de 7 % par rapport à 2010. Le rendement céréalier moyen, évalué à 66 quintaux par hectare, fléchit de 10 %. La sécheresse printanière a laissé des traces, notamment en Poitou-Charentes.
Bonne surprise à l’Ouest. Les pluies de juin ont été salvatrices. Elles ont permis une moisson globalement « correcte en quantité et bonne en qualité ». Les professionnels se disent « agréablement surpris », après avoir redouté le pire. Les rendements moyens sont stables ou en léger retrait par rapport à ceux d’une année moyenne.
En Bretagne, les rendements de blé tendre sont estimés à environ 75 quintaux pour les 300 000 ha de blé tendre récoltés. L’Ille-et-Vilaine se distingue avec un rendement de 82 quintaux par hectare.
En Basse-Normandie, on se félicite du « remplissage optimal des grains. Le manque d’épis a été compensé par un nombre important de gros grains », commente Marc Boldrini, de la coopérative Agrial, basée à Caen. Les observateurs relèvent aussi les bonnes performances du colza, qui a battu des records (jusqu’à 60 q/ha !) en terres profondes.
Des écarts énormes. Les condition météo atypiques du millésime 2011 (sécheresse printanière suivie d’une abondante pluviosité estivale) « ont accentué l’hétérogénéité des rendements en fonction de la valeur agronomique des sols et de l’arrosage des pluies d’orages », note Bernard Belouard, président de la Coopérative agricole du Pays de la Loire. « En blé, les rendements vont de 30 quintaux dans les sols superficiels argilo-calcaires, les sables du Perche, les petits sols sur granit en bordure de bocage, jusqu’à 120 quintaux dans les sols profonds », complète Marc Boldrini.
Marché porteur. Denses, riches en protéines, peu humides, les grains récoltés dans l’Ouest s’offrent un large éventail de débouchés : nutrition animale, meunerie, biscuiterie, brasserie, exportation. Selon l’Association des producteurs de blé, l’Afrique du Nord, le Proche-Orient affichent des prévisions d’importations de 42 millions de tonnes pour la campagne 2011-2012, en hausse de 2,3 %. « La demande mondiale est supérieure à la production. Les prix seront corrects », anticipe Bernard Belouard.
[via] Xavier Bonnardel, ouest-france.fr