
L’endettement des Belges a dangereusement augmenté en 2009. Et l’austérité annoncée risque encore d’aggraver la situation. Mais quel est le profil du surendetté ? Dans Le Soir, tous les chiffres du rapport et les pistes de prévention
Sylvain Piraux
La tempête économique et financière qui a balayé l’Europe en 2009, a laissé des traces. En Belgique, elle a notamment fait basculer la situation financière, déjà précaire, de nombre de ménages. C’est ce que laisse entrevoir le dernier rapport de l’Observatoire du crédit et de l’endettement, qui a collecté à différentes sources officielles (banque nationale, centrale des crédits aux particuliers) les informations disponibles.
Le profil du surendetté
Le rapport a recensé des informations sur le surendettement en Wallonie sur base de 3.602 questionnaires recueillis auprès des Services de médiation de dettes publics et privés. Il en ressort un « profil 2009 » du surendetté.
Il est plutôt un homme (55,2 %). Dans trois cas sur quatre, il a de 25 à 55 ans. Il est en général célibataire ou divorcé. Quand il s’agit d’une femme, elle est en général divorcée avec enfants à charge. Bref, le surendetté ne peut souvent compter que sur un seul revenu professionnel ou de remplacement (65,5 à 72,7 % de l’échantillon si on ajoute les pensionnés).
Dans 13,8 % des couples de l’échantillon, ses membres ont une activité professionnelle. Les ménages en médiation de dettes sont en majorité locataires de leur logement (76,5 %), en grande partie dans le secteur privé où le loyer est plus élevé ; 65,4 % des ménages cumulent des dettes de crédit (hypothécaire, à la consommation) et des factures impayées (non liées à un emprunt).
Dans 30,5 % des dossiers, le total de l’endettement est au maximum de 5.000 euros ; dans 36 % des cas, il varie de 5.000 à 15.000 euros ; dans 33,5 %, il dépasse 15.000 euros. Quatre dossiers sur dix comportent des dettes de prêts à tempérament (37,2 % en 2008) alors que les prêts hypothécaires se retrouvent dans 3,4 % des dossiers. Comment expliquer le surendettement de ces ménages ? Les travailleurs sociaux avancent diverses explications : insolvabilité structurelle (22,7 % des réponses), mode de vie en décalage par rapport aux revenus (20,1), difficultés de gestion (16,8). Viennent ensuite les « accidents de la vie » : séparation ou divorce (9,1 %), perte d’emploi (8,9), maladie (6,6).
[via] Pascal Lorent, lesoir.be