Pour faire du logement propre, il vaudra mieux… déconstruire

Vue de deux des six maisons construites, en bois, avec le label BBC (Bâtiment Basse Consommation), prise le 08 septembre 2009 à Loos-en-Gohelle. Philippe Hugen/ AFP
Le salon Ecobat du batiment vient d’ouvrir ses portes à Paris. Il y est encore beaucoup question de la nouvelle réglementation thermique…
Le salon Ecobat a ouvert ses portes jeudi 3 mars, porte de Versailles à Paris. Les professionnels de l’éco-construction et des énergies renouvelables, accueilleront le public jusqu’à demain samedi.
En cette période de crise du photovoltaïque, les professionnels du solaire se font rares dans les travées du salon. En revanche il est fortement question de la nouvelle réglementation thermique (RT) 2012. Issue du grenelle de l’environnement cette nouvelle législation impose aux professionnels de construire des bâtiments qui ne consomment pas plus de 50 kWh/m2/an.
La moyenne du parc de logements en France est actuellement de 230 kWh/m2/an, même si les constructions les plus récentes ne dépassent plus les 100 kWh/m2/an. Cette disposition est obligatoire pour les constructions de bâtiments tertiaires dès cette année, et s’appliquera aux logements à partir de 2013. Ceci n’est que le premier étage de la fusée.
Dès 2021 les bâtiments devront être à « énergie positive », c’est-à-dire qu’ils devront produire plus d’énergie qu’ils n’en consomment, via des panneaux photovoltaïques, des éoliennes, ou d’autres formes d’énergie novatrices.
Il faudra parallèlement rénover 400.000 logements par an, pour leur faire atteindre une consommation maximale de 80 kW/h/m2/an. « A ce rythme en 2050 on aura rénové 12,4 millions de logements. La construction de logements neufs devrait elle avoir atteint les 6 millions. On sera donc encore loin d’avoir traité tout le parc immobilier » explique Pierre Herant, chef du service bâtiment à l’Ademe. Et loin d’avoir divisé par quatre les émissions de gaz à effet de serre du secteur du bâtiment, l’objectif du Grenelle.
Les logements entre 1948 et 1975 les plus « énergivores »
Il existe en effet quelque 30 millions de logements en résidence principale en France. Les plus « énergivores », ceux construits entre 1948 et 1975, représentent 32% du parc. « Avec des consommations moyennes de 400 kWh/m2/an, ce sont les plus urgents à traiter » poursuit Pierre Herant. Sachant qu’il est plus compliqué de faire de la rénovation basse consommation, que de la construction. « Il faudra sans doute déconstruire, plutôt que réhabiliter » reconnaît le spécialiste de l’Ademe.
Mais le bâtiment ne fera pas tout, tout seul. « Le comportement des usagers sera aussi déterminant que la construction elle-même ». S’ils laissent la lumière allumée toute la nuit, la démarche n’a plus beaucoup de sens… « Dans les bâtiments tertiaires neufs, l’éclairage représente jusqu’à un tiers de la consommation. Il faudra regarder avec attention ce poste de dépense ». Une étude de « Passive House » montre en effet qu’il faut « trois à cinq ans » à des usagers de bâtiments à énergie positive avant d’apprendre à bien s’en servir.
Enfin, cette obligation de construire à énergie positive, ne risque-t-elle pas de se heurter à la décision du gouvernement, qui sera officialisée ces jours-ci, de limiter la production d’énergie photovoltaïque à 500 MW par an?
Salon Ecobat, de 9h30 à 10h. Entrée: 8 €.
[via] Mickaël Bosredon, 20minutes.fr