Epargne : Les banques affûtent leurs armes sur le livret A
La bataille a commencé avec la Caisse des dépôts et consignations sur le partage de l’argent collecté…
La bataille sur le livret A continue. La réunion mardi de l’Observatoire de l’épargne réglementée s’annonce tendue entre les banques, le gouvernement et la Caisse des dépôts et consignations (CDC). En jeu: le partage de la manne financière générée par le placement préféré des Français.
Taux de centralisation
Depuis le 1er janvier 2009, toutes les banques peuvent collecter le livret A en échange d’utiliser ces fonds pour les PME. L’encours était ainsi de 191,6 milliards d’euros à fin septembre.
Un peu plus des deux tiers de cette somme (63%) est récupérée par la CDC pour financer le logement social. Le taux de centralisation est ainsi aux alentours de 20% pour les nouveaux distributeurs et de 80% pour les opérateurs historiques, que sont les Caisses d’Epargne, la Banque Postale et le Crédit Mutuel.
Mais le gouvernement s’est engagé à unifier ce taux à hauteur de 70% au minimum, comme le réclame la CDC. Bercy doit prendre sa décision au plus tard en septembre 2011.
Financement de l’économie
Les banques ne veulent cependant pas voir filer cette manne financière et réclament d’en récupérer un euro sur deux. Leur argument: elles financent davantage l’économie via le livret A que la CDC.
Le PDG de la Société générale, Frédéric Oudéa, a été le premier à dégainer début novembre. Il a affirmé qu’un taux de centralisation trop élevé serait « contre-productif » pour le financement des entreprises.
Intérêt général
Dans une interview au journal Libération, le directeur général de la CDC, Augustin de Romanet, a cependant dénoncé ces attaques.
« S’agissant d’une ressource défiscalisée et garantie par l’Etat, il me paraît légitime qu’elle soit prioritairement affectée à des politiques d’intérêt général », a-t-il souligné. Il a rappelé que les sommes collectées par son organisme permettaient de financer la « construction de logements sociaux » ou les « rénovations des universités et des hôpitaux ».
« Pas un seul euro de cet argent centralisé à la Caisse des dépôts n’est immobilisé dans des activités de marché ou purement spéculatives. Je ne suis pas sûr que les banques puissent en dire autant », a-t-il affirmé.
Besoins de financement des banques
D’autant que pour la CDC, les banques veulent surtout faire main basse sur l’épargne réglementée pour résoudre leurs problèmes de financement.
Les nouvelles règles financières vont imposer aux banques de détenir un niveau de liquidités plus élevé qu’auparavant. Elles « en cherchent donc et regardent du côté des livrets A et LDD [ livret de développement durable ] », a souligné Augustin de Romanet.
[via] 20minutes.fr