La prime au résultat entre au collège et au lycée

Dessin Chaunu
Principaux et proviseurs vont être payés en fonction de leurs performances. Mais cette rallonge(jusqu’à 2 000 € par an) ne dépendra pas de la réussite des élèves au brevet ou au bac.
Une prime pour le directeur?
Elle s’appelle « Prime de fonction et de résultat ». « Pas prime au mérite », précise Philippe Vincent, proviseur du lycée polyvalent Fressynet, à Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor) et secrétaire général du syndicat national des personnels de direction de l’Éducation nationale (SNPDEN). Ce syndicat majoritaire, comme le Sgen-CFDT et I & D (Indépendance et direction) ont signé l’accord. La FSU, non représentative, n’était pas invitée.
Est-ce une nouveauté ?
Oui et non. Non, car les chefs d’établissement avaient déjà une prime. Oui, car désormais, « entre 10 et 20 % de cette prime seront accordés en fonction de nos résultats », indique Philippe Vincent. Au passage, l’État employeur accorde une augmentation de l’ordre de 10 à 20 %. « Elle équivaut, selon les postes, à un 13e ou un 14e mois. » Son montant: « De 0 à 6 000 euros, tous les trois ans. » Coût annuel pour le budget de l’État : « 11 millions d’euros pour 13 2000 principaux de collèges et proviseurs de lycée. Et leurs adjoints. »
Quels seront les critères ?
« Ce sont les objectifs de la lettre de mission que nous recevons du recteur quand nous prenons un poste », ajoute Philippe Vincent. Il s’agira, selon les endroits, de la mise en oeuvre de telle ou telle politique éducative ; de la réussite d’un projet immobilier…
Les résultats des élèves seront-ils pris en compte ?
« Non ! », s’exclame tout de suite Philippe Vincent. « Forcément si », rétorque Catherine Manciaux, secrétaire général du SNUpden, syndicat des directeurs de la FSU. « D’ailleurs, le ministre en parle, de la réussite scolaire », ajoute-t-elle.
Les suppressions de postes compteront-elles ?
« Non, répond encore Philippe Vincent. Les postes de professeurs sont attribués à l’établissement, pas au principal ou au proviseur. » Mais « cette prime va biaiser les rapports avec nos collègues profs », soutient Catherine Manciaux.
Pourquoi cette prime ?
Le ministère de l’Éducation applique à son tour une mesure déjà mise en oeuvre pour 40 000 fonctionnaires d’État : préfets, secrétaires administratifs, inspecteurs généraux… « C’est cela un système éducatif moderne, s’est félicité hier le ministre Luc Chatel, un système qui se fixe des objectifs et qui cherche à améliorer ses performances. » C’est aussi du donnant-donnant. Les syndicats négociaient depuis un an et demi une augmentation de leurs indemnités.
span class= »em »>[via] Philippe Simon, ouest-france.fr