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Dans la nuit glacée, des familles avec leurs enfants

Après avoir pris une soupe au camion de la Croix Rouge, cette famille retourne dans un squat. Sans eau ni chauffage. Marc Ollivier

Reportage

Ils sont là. Malgré la neige et le froid. Comme tous les jours, à 21 h, les Gerel et les Bexhee font la queue devant la camionnette du Samu social, place de la République, à Rennes. Les deux familles chinoises d’origine mongole n’ont pas obtenu l’hébergement auquel elles ont droit en tant que demandeurs d’asile. Le 115, le numéro pour les logements d’urgence, n’avait pas de place, ce jeudi soir. Ils sont à la rue.

Femmes, hommes et enfants boivent en silence la soupe chaude. Ariumaa, 9 ans, et Avid, 11 ans, se pressent contre leurs parents. Seuls les enfants, scolarisés, parlent français. Nansal, la maman, les yeux embués de larmes, nous fait comprendre qu’elle n’en peut plus. Ils repartent tous, du même pas, avec un petit sac en plastique du Samu social : du pain, une mandarine et une bouteille d’eau. Un clochard, cheveux et barbe hirsutes, tire un sourire à Ariumaa. Il lui a offert une barre de chocolat.

Les deux familles montent dans le bus. Une fois encore, elles n’ont d’autre solution que d’aller dormir dans le squat ouvert en ville, à deux arrêts de là. Pas franchement le temps de se réchauffer. Rue Louis-Postel, à deux pas du centre-ville, ils entrent dans l’ancien funérarium où s’entassent une centaine de personnes (1). Le coin des Mongols est au fond, à l’étage. Avid sort une petite lampe de sa poche pour éclairer l’escalier étroit. Des couvertures suspendues à des ficelles séparent le grenier en logements de misère.

Trois matelas sont installés à même le sol. Un troisième couple, avec un bébé de quelques mois, a obtenu ce soir une chambre par le 115. Chaque famille dort, à trois ou quatre, sur le même matelas. Aucun chauffage, juste un gros néon qui répand une lumière blafarde. Pas d’eau non plus. Un bidon de 20 l pour les premiers besoins. Les hommes tapent doucement des pieds sur le plancher poussiéreux pour chasser l’onglée. Les enfants se frottent les mains. Il fait 0 °C, presque aussi froid que dehors. Moins la neige.

À plusieurs sous les couvertures

Nansal regarde les ardoises du toit, grimace. Daykhilt, l’autre mère, met du riz à cuire en silence dans une cocotte électrique. Ses enfants, 12 et 15 ans, sont absents. Hébergés pour quelques nuits par des camarades de classe. Impossible de rester longtemps debout ici. Mieux vaut essayer de se réchauffer à plusieurs sous les couvertures.

Demain, avant 8 h, les enfants se lèveront pour l’école. Mais, le matin, il gèle encore plus. Galt, leur père, lève les yeux pour dire la dureté de son existence. Arimuaa le regarde en souriant, lui glisse quelques mots qui illuminent le visage paternel. Il est 23 h, l’heure de se coucher pour oublier le froid.

Plus d’informations dans le journal Ouest-France
[via] Serge Le Luyer, ouest-france.fr

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